Les jeunes marocains qui étudient à l’étranger

Les jeunes qui étudient à l’étranger

A côté de ceux qui restent au Maroc, nombreux sont les jeunes qui préfèrent s’expatrier au moment d’entamer des études supérieures. Pourquoi ce choix, que cherchent-ils, et d’où leur vient cette certitude que la formation locale laisse à désirer? En fait, leur décision a souvent été mûrement réfléchie depuis belle lurette, et obéit à des considérations précises, comme le fait de se prendre en charge en s’éloignant du cocon familial, acquérir de nouvelles expériences, se confronter à ‘des difficultés inhabituelles, apprendre d’autres langues ou encore décrocher un diplôme d’envergure internationale. Ils cherchent donc à profiter également d’une certaine aisance matérielle de leur famille, qui déjà a contribué à ce choix, in fine en inscrivant leurs enfants encore jeunes auprès d’établissements scolaires de type « mission », où les enfants sont pré formatés, et préparés à s’expatrier aussitôt le bac en poche.
Il est vrai que, question formation et excellence, la réputation d’établissements comme Polytechnique, Ponts et Chaussées, H.E.C ou Sciences Po/Paris n’est plus à faire.

En résumé, on peut constater que suivre des études à l’étranger, permet de fréquenter des écoles ou universités de très haut niveau, dotées d’équipements sophistiqués, (laboratoires, centres d’essai, bibliothèques et qui dispensent un enseignement de qualité. De plus au sortir de ces facultés et instituts, les débouchés professionnels sont assurés et donc la certitude d’avoir un bon emploi, doté d’une rémunération conséquente. Enfin tout cela permet aux jeunes marocains d’avoir une ouverture sur le monde moderne, qui les rendra optes à participer au développement futur de leur pays. Autant d’avantages qui valent bien les efforts consentis par la famille : procédures de visa longues, fastidieuses et complexes, nécessité de provisionner un compte bancaire en devises, prévoir des virements conséquents et réguliers, coût de la vie élevé en Europe … sans parler de l’éloignement de l’enfant de 18 ans, à peine sorti de l’adolescence!

Mais en définitive, force est d’admettre que les deux choix ont leurs avantages et leurs inconvénients ; l’histoire marocaine a prouvé que l’on pouvait réussir des carrières fulgurantes et brillantes, après avoir décroché tous ses diplômes au Maroc ; (les exemples abondent, dans tous les domaines, droit, sciences ou culture). On a de même constaté que le brassage des deux genres, le local et l’expatrié, aboutissait à une complémentarité très positive au niveau des prises de décision, chacun bénéficiant de l’apport et de l’expérience de l’autre.
On en conclura donc que tout dépend de la situation familiale, des antécédents scolaires et de l’ambition affichée, (tout en notant que, statistiquement parlant, une majorité de jeunes marocains qui n’ont pas eu les moyens d’étudier à l’étranger, forment aujourd’hui l’ossature du Maroc en marche : ingénieurs de l’Ecole Hassania qui ont réalisé l’autoroute Casa Marrakech, ou le Port TangerMed, cadres de l’ENAP, lauréats des facs de droit ou de médecine). Ce qui implique que malgré les critiques, le système éducatif national, s’il est encore perfectible, n’est pas si négatif qu’on le dit!